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Suivi spectrophotométrique : cours de sciences physiques en première – PDF gratuit à télécharger et imprimer

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Suivi spectrophotométrique : cours de sciences physiques en première – PDF gratuit à télécharger et imprimer

Un sirop plus ou moins dilué n’a pas la même teinte : plus il est concentré, plus il arrête de lumière. Cette idée de bon sens est la base du suivi spectrophotométrique d’une transformation chimique : en mesurant l’intensité de la lumière qui traverse une solution colorée, on remonte à sa concentration, puis, mesure après mesure, à l’évolution du système au cours du temps. En première, on le fait avec rigueur : grandeurs, unités, étalonnage et chiffres significatifs.

Ce cours est à télécharger en PDF et à imprimer gratuitement : le bouton se trouve en bas de la page, sans inscription.

Le principe du suivi spectrophotométrique

Pour suivre l’évolution d’un système chimique, on cherche une grandeur physique mesurable reliée à la quantité d’une espèce : volume de gaz, pression, conductivité d’une solution, ou absorbance d’une solution colorée. La spectrophotométrie s’applique dès qu’une espèce du système absorbe la lumière : on la mesure sans prélever l’échantillon et sans perturber la transformation, ce qui permet d’enregistrer des mesures répétées tout au long de la réaction.

Absorbance et spectre d’absorption

Quand un faisceau de lumière monochromatique d’intensité I0 traverse une solution, une partie est absorbée : l’intensité transmise I est plus faible que I0. On définit la transmittance T = I ÷ I0 (sans unité, comprise entre 0 et 1) et l’absorbance :

Formule à retenir

A = log (I0 ÷ I) = − log T

A est une grandeur sans unité. Si la solution absorbe 90 % de la lumière, I = 0,10 × I0 et A = log 10 = 1,0 ; si elle n’absorbe rien, A = 0.

L’absorbance dépend de la longueur d’onde. Le spectre d’absorption d’une espèce est la courbe A = f(λ). Elle présente un maximum pour une longueur d’onde notée λmax. Une solution absorbe surtout les radiations dont la couleur est complémentaire de celle qu’elle paraît.

400450500550600650700λ (nm)00,40,81,2Aλmax ≈ 530 nm
Spectre d’absorption du permanganate de potassium en solution (violette) : l’absorption est maximale dans le vert, vers 530 nm.
Couleur absorbée (λ en nm)Couleur de la solution
Violet (400 à 430)Jaune-vert
Bleu (450 à 480)Jaune-orangé
Vert (500 à 560)Rouge-pourpre
Jaune (570 à 590)Bleu-violet
Orange (600 à 620)Bleu
Rouge (620 à 750)Bleu-vert

Le spectrophotomètre et la mesure d’absorbance

Un spectrophotomètre comporte une source de lumière blanche, un monochromateur (réseau ou prisme) qui sélectionne la longueur d’onde λ, un porte-cuve et un détecteur qui mesure I. La solution est placée dans une cuve de largeur l (souvent 1,0 cm).

Sourceλ choisieMonochromateurI0lCuveIDétecteurAffichageA = 0,48A = log (I0 ÷ I)
Chemin de la lumière dans un spectrophotomètre : l’intensité I0 entrant dans la cuve est comparée à l’intensité I qui en sort.
Méthode

Avant toute mesure : (1) régler la longueur d’onde ; (2) faire le blanc, c’est-à-dire placer dans la cuve le solvant seul (ici de l’eau distillée) et fixer A = 0 ; (3) rincer la cuve avec la solution à mesurer, la remplir, essuyer les faces transparentes sans les toucher avec les doigts. Le blanc élimine l’absorption de la cuve et du solvant.

La loi de Beer-Lambert

Pour une solution diluée, éclairée par une lumière monochromatique et ne contenant qu’une espèce absorbante, l’absorbance est proportionnelle à la concentration.

Loi de Beer-Lambert

A = ε × l × c

A sans unité ; ε coefficient d’absorption molaire en L·mol−1·cm−1 (propre à l’espèce et à λ) ; l largeur de cuve en cm ; c concentration en mol·L−1. On note aussi A = k × c avec k = ε × l.

Cette loi n’est valable qu’en solution diluée, en pratique pour A inférieure à 1,5 environ. Au-delà, la proportionnalité n’est plus respectée : il faut diluer. Si plusieurs espèces absorbent à la même longueur d’onde, les absorbances s’additionnent : A = A1 + A2.

Application numérique

Une solution de permanganate de potassium, mesurée à 530 nm dans une cuve de 1,0 cm, a pour absorbance A = 0,48. On donne ε = 2,4 × 103 L·mol−1·cm−1. Alors c = A ÷ (ε × l) = 0,48 ÷ (2,4 × 103 × 1,0) = 2,0 × 10−4 mol·L−1. Le résultat est donné avec deux chiffres significatifs, comme les données.

Déterminer une concentration par étalonnage

Quand ε n’est pas connu, on réalise une gamme d’étalonnage : on prépare par dilution d’une solution mère plusieurs solutions filles de concentrations connues et on mesure leur absorbance à λmax. La dilution conserve la quantité de matière de soluté : c0 × V0 = cf × Vf, avec un facteur de dilution F = c0 ÷ cf = Vf ÷ V0. On trace ensuite la courbe A = f(c) : c’est une droite passant par l’origine, dont le coefficient directeur est k.

00,10,20,30,40,50,6c (mmol·L⁻¹)00,51,01,5AA = 0,60c = 0,25 mmol·L⁻¹droite d’étalonnage
Cinq solutions étalons (points) permettent de tracer A = f(c). Une solution inconnue d’absorbance 0,60 a une concentration de 0,25 mmol·L⁻¹.
Exemple

La droite précédente passe par le point (0,50 mmol·L−1 ; 1,20) : son coefficient directeur vaut k = 1,20 ÷ 0,50 = 2,4 mmol−1·L, soit 2,4 × 103 L·mol−1. Pour A = 0,60, on trouve c = 0,60 ÷ 2,4 × 103 = 2,5 × 10−4 mol·L−1, soit 0,25 mmol·L−1, ce que confirme la lecture graphique.

Suivre l’évolution d’un système au cours du temps

Si une espèce colorée est consommée ou formée, l’absorbance varie avec le temps. Prenons la transformation lente entre les ions peroxodisulfate et les ions iodure : S2O82− + 2 I− → 2 SO42− + I2. Seul le diiode I2 absorbe à 460 nm. À chaque instant, la loi de Beer-Lambert donne [I2] = A ÷ (ε × l), donc l’avancement :

Formule à retenir

x(t) = [I2](t) × V = A(t) × V ÷ (ε × l)

x en mol ; V volume de la solution en L ; A sans unité ; ε en L·mol−1·cm−1 ; l en cm.

Définition

Le temps de demi-réaction t1/2 est la durée au bout de laquelle l’avancement atteint la moitié de sa valeur finale : x(t1/2) = xf ÷ 2 (pour une transformation totale, xf = xmax).

0102030405060t (min)00,20,40,60,81,0A (460 nm)A∞ = 0,80A∞ ÷ 2 = 0,40t1/2 = 10 min
Suivi de la formation du diiode : l’absorbance atteint la moitié de sa valeur finale (0,40) au bout de t1/2 = 10 min.
Application numérique

Données : ε(I2) = 8,0 × 102 L·mol−1·cm−1, l = 1,0 cm, V = 50,0 mL = 0,0500 L. À t = 10 min, A = 0,40 : [I2] = 0,40 ÷ (8,0 × 102 × 1,0) = 5,0 × 10−4 mol·L−1, donc x = 5,0 × 10−4 × 0,0500 = 2,5 × 10−5 mol. À la fin, A∞ = 0,80 donne xf = 5,0 × 10−5 mol. Comme x(10 min) = xf ÷ 2, on a t1/2 = 10 min.

La vitesse d’une transformation dépend de facteurs cinétiques : la température et les concentrations des réactifs. Une élévation de température ou une concentration plus forte diminue en général le temps de demi-réaction.

Erreur fréquente

L’absorbance n’a pas d’unité, ε et k en ont une. N’oublie pas de convertir les largeurs de cuve en cm avant d’appliquer A = ε × l × c, et de convertir le volume en litres pour calculer un avancement. Enfin, la loi de Beer-Lambert ne s’applique plus au-delà de A ≈ 1,5 : une valeur de 2,8 n’est pas exploitable sans dilution.

L’essentiel à retenir

  • L’absorbance A = log (I0 ÷ I) est sans unité ; elle dépend de la longueur d’onde.
  • On mesure à λmax après avoir fait le blanc avec le solvant.
  • Loi de Beer-Lambert : A = ε × l × c, valable en solution diluée et en lumière monochromatique.
  • L’étalonnage donne une droite A = k × c passant par l’origine ; on en déduit une concentration inconnue.
  • Pour une dilution : c0 × V0 = cf × Vf.
  • x(t) = A(t) × V ÷ (ε × l) ; t1/2 est la durée pour atteindre xf ÷ 2.
  • La température et la concentration sont des facteurs cinétiques.